Choisir sa contraception : Sommes nous vraiment libres ? Mon expérience du sterilet en tant que nullipare

C’est l’histoire d’une sage femme, 20 ans de métier et de la bouteille comme on dit dans le jargon. Un jour elle est rentré dans le bureau de mes collègues en colère. Elle se battait avec le gynécologue d’une femme qu’elle suivait.  Le gynécologue refusait de faire poser un dispositif intra utérin (DIU ou stérilet sous son nom commun) à la dame et préconisait la pilule. Le problème c’est que la jeune femme en question oubliait un peu trop souvent la pilule et avait déjà 3 enfants à charge et que ces enfants là.. ce n’était pas vraiment un choix pour elle.

Une situation parmi tant d’autres.

Mes cours d’éducation sexuelle remontent à bien longtemps ( année de première en 2002). A l’époque, on ne se posait pas la question les copines et moi. La pilule pour laquelle nos mères (voire grand mères) s’étaient battues c’était la liberté. Les autres moyens de contraceptions (cap, anneau, spermicide) nous étaient décrits comme peu fiables, l ‘implant et le patch n’existaient pas et le DIU était reservé aux femmes ayant eu des enfants. Il y avait 200 000 avortements par an. Voilà ce que j’en savais.

J’ai pris pendant plus de 4 ans la pilule sans trop me poser de questions, sans vraiment regarder les effets secondaires. A l’époque quand j’ai commencé à la prendre, c’était Diane 35, la pilule tant décriée aujourd’hui. J’avais de l’acné et ça marchait plutôt bien. Et puis notre corps change, alors il faut changer de pilule. On re dose. On rajoute androcur. J’apprendrai plus tard que ce dernier est un inhibiteur d’hormone male…sympa !

Et puis on vieillit. 5 ans de pilule plus tard. Des frayeurs, des retards. L’envie de passer à autre chose. Je commence à soumettre l’idée à ma gynécologue. On est en 2008. Une réponse très claire : l’anneau hormonal. Bon d’accord, on va continuer la pilule (parce que c’est finalement aussi contraignant que la pilule mais qu’en plus ça peut être une gêne pour le partenaire).

Le questionnement s’accentue avec les copines. En 2010, j’ai 25 ans on me parle pour la première fois de ma liberté de choix dans ma contraception. Et je sens bien qu’il y a quelque chose qui cloche dans ma situation. On me parle de la possibilité de porter un DIU   (celui au cuivre sans hormones), même si je n’ai pas eu d’enfant. Et j’apprendrai à ce moment là, que depuis 2004, le DIU n’est pas considéré comme dangereux…qu’il peut parfaitement être posé sur des nullipares (femmes n’ayant jamais eu d’enfants).

je requestionne ma gynécologue sur un changement de contraception. Réponse : au vu de l’état de votre peau et de votre sang, l’implant vous est déconseillé, vous pouvez porter l’anneau. Et elle me prescrit une prise de sang, celle qui contrôle ma tolerance à la pilule. Or cette fois çi elle a rajouté un autre indicateur à vérifier : la toxoplasmose (pour ceux qui ne comprendraient pas, c’est un virus qu’on vérifie au cas où on tomberait enceinte). Je comprends alors à mes dépends, que la contraception à laquelle je réfléchis depuis quelques temps, ma gynécologue ne m’aidera pas à l’obtenir. Et pire elle veut vérifier sans m’en avertir, que je suis « propre » à tomber enceinte. J’ai 26 ans et je ne suis pas libre de mon choix. Je sais qu’à ce moment là je n’ai pas envie d’avoir d’enfants. 2 mois plus tard j’apprends que j’ai un adénofibrome ( dont une des causes est certainement un trop plein d’hormones).

Après mon opération, j’ai complètement revu ma contraception et l’approche de la maternité, des règles. Personne, à part moi n’avait le droit de me dire ce qui était bon pour mon corps ou pas, si je voulais être enceinte ou pas, si je devais prendre des hormones ou pas.

J’ai arrêté les tampons pour passer à la coupe menstruelle (oui parce que  j’ai appris que les serviettes et tampons étaient bourrés de pesticides). Et je me suis fait poser un stérilet en cuivre parce que j’allais pas lâcher les hormones pour en retrouver d’autres.

J’ai choisi une gynécologue, spécialiste du cancer du sein (tant qu’à faire).

« Pourquoi vous venez me voir ? »

« Parce que mon ancienne gynécologue ne voudra jamais me faire poser un stérilet, j’ai eu un adénofibrome, je veux arrêter les hormones »

« D’accord je vais vous faire l’ordonnance »

Une pose en clinique avec un moment drôle « Alors vous on vous enlève un stérilet c’est ça ? » « Vous pouvez toujours essayer de me l’enlever mais ça va être compliqué vu que je n’en ai pas ». Une douleur pendant la pose certes. Un malaise vagual certes, mais une liberté.

J’ai aujourd’hui 28 ans et je porte un stérilet depuis 1 an et demi. Et je le vis bien. Plus de retention d’eau, plus d’oubli, plus de frayeurs. Mes règles sont certes plus douloureuses…mais ça (me) vaut la peine. La question de la maternité n’est pas écartée, mais elle viendra en temps voulu.

Le fin mot de l’histoire est qu’effectivement j’ai changé de gynécologue, pour obtenir la contraception que j’avais choisi, sans jugement sur mes choix personnels.

Choisir sa contraception, c’est un site , c’est une liberté de choix aussi. Encore faudrait-il que sur le terrain cela suive sans que l’ont ait à nous culpabiliser sur nos choix de vie et de santé… ou nous prendre pour des imbéciles tout simplement.

Et quand je regarde mon histoire et celles des filles croisées sur la toile en matière de contraception… d’ivg…je me demande vraiment si on est libre.

3 réflexions sur “Choisir sa contraception : Sommes nous vraiment libres ? Mon expérience du sterilet en tant que nullipare”

  1. Bonjour,
    il y a 3 ans, ou même 2 ans et demie, j’aurais partagé cet enthousiasme sur le DIU, nourri des lectures du blog de Winckler… mais là je précise juste, comme la gynécologue qui me l’a posé après la naissance de mon premier enfant : ne lâche pas ton calendrier des yeux… mon deuxième enfant est ma merveille et je l’aime follement, mais il a été conçu avec un DIU parfaitement posé, parfaitement en place.
    et ma liberté aujourd’hui, je ne sais pas trop vers où la tourner…
    Bonne continuation…

    • Malheureusement aucune contraception n’est fiable à 100% et j’en suis bien consciente. Je ne fais pas l’apologie du DIU, j’écris juste mes convictions en matière d’avoir le choix dans un parcours de santé malheureusement semé d’embuches. Chaque femme réagit différemment à chaque contraception. Mais vous l’avez compris,le plus important étant d’avoir le droit de dire 😉

  2. Je pense que la pilule est une hérésie. Pas en tant qu’avancée sociétale bien sûr mais pour la santé. Bloquer un processus naturel comme l’ovulation quel contre sens pour la nature ! Tout sauf la pilule, pour moi elle est contre indiquée et tant mieux, avec ces pilules on a détruit des millions de femmes ( certains cancers et autres pathologies très graves récemment évoquées dans les médias ) avec la complicité des gynécologues pris entre deux feux il faut bien le dire et ce sans jugement de ma part. Un DIU est préférable à la chimie qui vient contrarier un phénomène naturel de façon reguliere. J’ai été privée de cycle par un traitement médicamenteux lourd j’ai vu les conséquences à la reprise des règles alors prendre la pilule pendant des années et bien j’imagine les dégâts…
    Quant à la coupelle oui je suis d’accord même si je n’ai pas sauté le pas. C’est sain et écolo !

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