Un onsen à Kurama

Je ne sais plus comment j’ai eu vent de cet endroit.

Kurama est un tout petit village rural perdu dans les montagnes à à peine une heure de Kyoto. Il est connu pour son Onsen, un établissement de source d’eau chaude.

Il y avait ce train qui nous y amenait en à peine 40 minutes. 480 yens, un ticket, une place, un départ. Les banquettes qui ornaient le train était d’un vert palpable à l’image des arbres japonais : propre. Mon regard a défilé sur la campagne japonaise qui dessinait derrière la vitre. Des maisons, des vélos, des combinis et un ciel gris coutumier de ce pays. Le train était rempli de personnes de différents âges et pourtant il n’y avait pas un bruit.

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Doucement, mais surement, le train a commencé à entreprendre la lente inclinaison de la montagne. A mesure que l’on avançait, le ciel a commencé à disparaitre sous la longue ligne vertigineuse des sapins de 15 mètres qui entourait les rails. ce tunnel vert laissait parfois entrevoir des maisons perdues dans les vallées adjacentes.

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A la fin de la montée, il n’y avait plus qu’un rail. Comme si nous n’avions pas voulu abimer ce que la nature avait mis tant de temps à construire. Les wagons se balançaient tel un cliquetis discret.

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Arrivé à Kurama, je découvrais un village plus que pittoresque. Il y avait ces clochettes, qui teintent au son du vent. Des masques de Yokai siègaient par là. Un énorme Tengu terrifiant trônant, contrastait invraisemblablement avec la paisibilité du village. Quelques pas en dehors de la gare me mèna à une route en S soutenue par des maisons faites de bois et de briques.

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La rivière qui longeait le village laissait apparaitre un pont dont la route allait se perdre dans les flancs montagneux. L’air était humide et lourd, le ciel toujours aussi gris.

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Dans un renfoncement de la route, se dressait l’Onsen, bâtiment de bois traditionnel dont la haute cheminée laisse partir une fumée vaporeuse dans l’air. C’est la première fois que je rentre dans une source thermale japonaise. Et bien que je sois occidentale, je me plie sans frémir, tel un roseau aux règles d’usage. On me remet une serviette de bain ainsi qu’un yukata (kimono lèger ) et un obi (petite ceinture).

Un passage en vestiaire et me voilà dans le grand bain. Il fait certainement plus de 40 degré dans la pièce principale intérieure . Le long du mur, il y a des douches ouvertes. Un tabouret, une bassine, un point d’eau. Il est interdit de s’immerger dans le bassin sans s’être purifié le corps. Au japon, ce n’est pas la nudité qui est érotique, mais le vêtement qui laisse entrevoir les extrémités. Déconstruire ses représentations culturelles. L’atmosphère brumeuse de l’eau me laisse à mes pensées.

A la sortie du bassin intérieure, je me glisse soigneusement dans le yukata mis à disposition , répétant la technique de portage apprise quelques années auparavant et m’exécutant sur un noeud de maintien de mon obi. Teintée de discrétion, je fais le tour de la maison, mes pieds se feutrent sur les tatamis de la salle de repos, le thé vert se fait d’une amère douceur.

Il y a dehors, des bassins extérieurs. On y monte par un escalier en pierre. L’air s’est rafraichi, et soudain une question angoissante me traverse l’esprit. Dois-je me relaver pour re-entrer dans les bassins ? Dans le doute, je refais le rituel. Le bassin est contourné de bois sur une dalle grise foncé. l’eau est si bleue. Devant moi, la montagne se dresse, verte et impassible. l’odeur de la mousse des arbres se fait omniprésente. Au loin, le chant des oiseaux s’en va comme un écho.

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Sur le chemin du retour, dans le train, je m’endors avec la certitude qu’au fond de mon coeur que je n’oublierai jamais ce moment de paix.

http://www.kurama-onsen.co.jp/ 

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